3 ans sans titres, presque une première pour Rethel…

Et à la fin, c’est toujours Rethel qui gagne… Cette phrase sonne comme un écho de toujours, presque comme une tradition… Peu importe qui le dit, que ce soit Julien Thomas ou bien Yann Maillet, elle résonne comme une forme de vérité incontournable… Et pourtant, Rethel n’a plus gagné le moindre titre national depuis 2018…

Ce qu’il faut avoir en tête aussi, c’est que quand tu joues à Rethel, tu joues pour gagner, et quand ce n’est pas le cas, c’est un échec, c’est la philosophie et cela a toujours été le cas, encore plus depuis que Patrik, que je salue et remercie au passage, a repris l’équipe. Maxime Colas

Rethel sans titre national en 3 ans est une grande première dans l’histoire du roller hockey français. Depuis le début, les Diables dirigés par son père fondateur, Didier Lefebvre, ont connu le succès année après année. De 2003 à 2009, les Diables ont toujours fini premiers de la catégorie Elite (appelée N1 de 2001 à 2007, ndlr) avant de laisser place à Anglet et Paris XIII pour 4 ans de disette en Ligue Elite de 2010 à 2013. 4 ans, c’est beaucoup pour une équipe de ce calibre. Sur ces 4 années, Rethel ira tout de même en finale par deux fois, en 2011 et 2012. La saison 2013 restant particulière, puisque l’équipe se verra attribuer un malus en fin de saison pour non-respect du règlement.

Malgré cette traversée du désert en Ligue Elite, les Diables sont restés l’équipe à battre et l’ont prouvé en remportant la Coupe de France en 2010 et 2011.

Anglet plus fort…

PHOTO JEAN-DANIEL CHOPIN © Crédit photo : Chopin Jean Daniel

Après 11 années de titres, Coupe de France ou bien championnat Elite, les rethélois arrivent devant un mur. Un mur, qui dura 2 saisons et s’appela Anglet. Après de longues années de travail acharné sur plusieurs années, les Artzak d’Anglet, mené par Olivier Dimet parviennent à prendre la place de dominant. De 2007 à 2009, Anglet finit dauphin avant de remporter la dernière saison sous format championnat, puis pour remporter les deux premières saisons avec le nouveau format playoffs !

 

Julien Thomas se souvient d’une époque, où Anglet était clairement plus fort :

Je me souviens que sur ces années-là, le recrutement était un peu plus léger qu’à la coutume. L’air de rien, on finit second et en 2013, on fait une grosse saison, qui se voit annuler avec le malus… Après, je retiens surtout sur ces saisons, le niveau d’Anglet… Ils étaient vraiment très forts. Julien Thomas

© France Télévisions

En 2014, Rethel revient à son niveau avec un recrutement extraordinaire, nous confie Julien, « on voit l’arrivée de Patrik Sebek, Michal Simo, Karl Gabillet et de Baptiste Boitard. On avait une équipe pour aller chercher le titre. On savait qu’on était là pour ça. »

 

Malédiction Karl Gabillet ou Julien Thomas?

Mais voilà, depuis 2017, Rethel n’a plus rien remporté à l’échelle nationale. Rethel ne parvient plus à gagner le Saint Graal. À l’exception du titre européen en 2018, à domicile, les Diables sont à nouveau dans une disette étonnante. En 2018, les Diables faisaient face à une équipe vaillante de Garges, qui malgré la controverse autour des gardiens rethélois en finale à Rethel, avait plus que bien mérité le titre ! Avec l’arrivée de Karl Gabillet lors de l’intersaison, et la maturité suffisante venant de joueurs cadres comme Maxime Langlois, Martin Fiala ou bien Daniel Brabec, les Tigres avaient tout en place pour aller chercher le titre. Ils le prouvèrent en saison régulière en remportant le dernier match de la saison en prolongation puis les finales.

En 2019, ce sont les Fous du Bitume qui les empêchent de gagner le championnat après une saison parfaite. Lors de l’intersaison 2018/2019, Julien Thomas, Karl Gabillet et Martin Fiala s’en vont pour Villeneuve, alors que Daniel Brabec signe pour Rethel. Après avoir touché le firmament du roller hockey français, Garges se range (sans forcément le vouloir) et laisse place à Villeneuve pour lutter contre l’armada rethéloise.

Lors de cette saison 2018/2019, et avec l’arrivée de Brabec et de Petterson et le retour de Simo, Rethel réalise la saison parfaite, mais échoue deux fois lors des moments clés. Les Diables retrouvent Carpentier et la finale de la Coupe de France pour se voir incapable de répondre à l’offensive villénogarennois et un incroyable Fiala ! En Juin, après avoir gagné largement le match 1, les rethélois s’effondrent à domicile et ceci par 2 fois, chose encore plus rare ! Pire, une fois encore, c’est Martin Fiala qui crucifie les espoirs d’une ville, avec un but inscrit lors de la dernière seconde de temps réglementaire de la saison !

L’an dernier, on a fait la saison parfaite. Quand tu regardes sur le papier, ce sont des grosses équipes, c’est du lourd. C’est compliqué de dire s’il y a un pourquoi. Quand tu vois les joueurs qu’ils ont, c’est du lourd. On a peut-être une ambiance différente qui fait plus familial à Villeneuve… Pourtant, à Rethel c’est très famille. Peut-être qu’on est meilleur sur les matchs importants. On a réussi à ne pas perdre les matchs importants. Julien Thomas

© World Inline Hockey

Et si tout venait de Karl Gabillet ou de Julien Thomas? En effet, le titre a l’air de plus appartenir à Karl Gabillet et Julien Thomas, plus qu’à une équipe… Depuis 2014, les deux ont toujours réussi à mettre leur mains dessus lorsque les deux joués ensemble… En 2015, Karl est à Angers et ne remporte pas le titre, alors qu’en 2017, Julien est à Garges et la suite on la connaît…

Covid-19

Puis vient cette saison, où, outre une défaite à domicile aux mains de Grenoble, Rethel semble partir au coude à coude avec Villeneuve pour une saison de haut-niveau. Malheureusement, toutes les équipes de la Ligue ne verront pas de fin sportive, mais plus une fin de saison administrative en raison de la crise sanitaire du Covid-19. Si cette fois-ci, c’est complètement indépendant de leur volonté, le résultat reste le même. Une saison passe et Rethel n’a toujours pas reconquis ce qui lui appartient presque de droit.

 

2017, l’année du dernier titre

© Ludovic Macia

Cela a toujours été un plaisir à faire parti d’une équipe prestigieuse comme Rethel. C’est du sport, pas d’histoire de social, juste l’aspect sportif qui prime, tu es bon, tu joues, tu es pas bon, tu regardes le match, confie Maxime Colas. L’attaquant de 29 ans, formé à Rethel et aujourd’hui jouant chez les Rapaces de Reims en Nationale 1, faisait parti de cette dernière équipe rethéloise championne de France.

Nous avions un bon groupe, et une dynamique hyper intéressante, qui nous permettait de bien bosser aux entraînements. On avait tous aussi à cœur de gagner suite aux malheureuses annonces que nous avions pu avoir durant la saison … C’était une sorte de dette envers ces personnes, qui nous ont aujourd’hui malheureusement quitté et nous l’avons fait. Nous avions rempli les objectifs, Europe et France, seule la coupe de France nous a échappé. Maxime Colas

Cette saison, l’équipe était composée de 4 étrangers et de 6 français réguliers dans les personnes de Maxime, Hugo Delabre, François-Xavier Bannier, Terry Lefranc, Alexandre Naud, Grégoire Clément et Hugo Garcia-Prieto.

Lors de cette finale 2017, Rethel élimina Garges en 2 matchs et avec envie à domicile en donnant aucune chance à Garges. Lors de ce match 2, Patrik Sebek inscrit 3 buts et le but vainqueur pour une victoire 6-2. Cette saison se finit aussi avec une domination de Karl Gabillet et de Patrik Sebek dans les trophées de fin de saison ! Le dernier trophée national que Didier Lefebvre soulèvera…

J’ai une véritable pensée également pour Didier, qui a mis cette ville de Rethel sur le toit de l’Europe avec toute son abnégation. Rethel est, et restera au-dessus, malgré l’évolution des différentes équipes, qui s’améliorent d’année en année, ce qui est juste parfait pour notre sport. Rethel est dans un monde à part, et j’ose espérer qu’ils récupéreront leur trône, malgré la concurrence (Villeneuve, Grenoble). Cela sera d’autant plus beau.

Rethel reste la référence sportive de notre sport, que ce soit en France ou bien en Europe. Nous espérons de tout coeur, que le coeur et l’envie des bénévoles rethélois sauront faire vivre pour encore longtemps la compétitivité que Didier Lefebvre avait su instillé.

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