Je n’ai pas joué un match officiel depuis le 13 mai 2018. 281 jours sans un match avec un enjeu dépassant mes simples objectifs personnels. Pourquoi n’ai-je pas joué depuis le 13 mai ? Parce que je me suis blessé, de la façon la plus bizarre qui puisse arriver à un hockeyeur. On était en quart de finale contre Grenoble. La veille, on avait égalisé dans la série en gagnant 1-0 chez nous. Tout est arrivé super vite sur une action des plus banales, je me retrouve avec le bras coincé dans le dos tombant de tout mon poids contre la balustrade.

Verdict : fracture de l’humérus, le nerf radial fortement affecté et donc une paralysie de la main. Dans ma tête je me disais que ça allait guérir vite et que je n’en aurai pas pour très longtemps.

© sport à Caen

Malheureusement la blessure a été plus violente que ce qui était prévu au départ. Avec le nerf atteint, on est passé de 6 mois à 18 mois. D’une façon ou d’une autre, je savais que la saison était finie et que je devais faire une croix sur les championnats du monde à Asiago. J’ai passé l’été et l’automne chez le kiné plutôt que sur un terrain. L’arrêt a eu pourtant un effet positif sur ma vie en me forçant à adopter un rythme de vie différent. Cela m’a permis de prendre conscience que celui que j’avais auparavant n’était pas tenable et ne me satisfaisait pas du tout. Ça a été un automne difficile et une remise en question sur moi-même, mais pour le meilleur j’en suis sûr.

 

« Le fait d’avoir des kinés qui soient aussi des amis m’a bien aidé à rester motivé… »

 

Pour être honnête, la rééducation a été un challenge. Avec un bon travail quotidien avec mes kinés, dont Théo Fontanille, on est parvenu à faire du bon travail. Finalement « seulement » 10 mois, bien que mon coude reste encore un peu instable. Malgré tout, ça reste un processus long et assez imprévisible. Chaque étape fait ressortir une nouvelle faiblesse. Le fait d’avoir des kinés qui soient aussi des amis m’a bien aidé à rester motivé. J’ai toujours été appliqué, assidu et impliqué en tant que joueur, et je pense que ce sont des qualités qui m’ont permis de faire face à cette blessure. J’ai pu reprendre la course à pied dès août, mais tout ce qui a trait au hockey, comme la musculation, le shoot et le patinage, j’ai dû attendre janvier. J’ai passé le mois à m’entraîner tout seul, histoire de reprendre mes marques, de retrouver mes sensations sans la pression de l’opposition. J’ai pris mon temps pour revenir afin d’éviter l’erreur d’un retour précipité. J’ai repris l’entraînement progressivement avec la réserve début février et depuis quelque temps je parviens enfin à faire des entraînements complets avec le groupe Elite. Bon, je n’arrive pas à tout faire pour autant. Certains mouvements restent encore compliqués à réaliser. Mon nerf n’est pas tout à fait remis et ne le sera pas tout de suite.

© sports à Caen

 

Ce week-end sera un bon test. Je joue avec la Nationale 2. J’espère que l’appréhension des chocs sera levée d’ici là car l’entraînement c’est une chose, mais le match ça en est encore une autre dans l’engagement. Le but est de me sentir prêt afin de jouer le quart de finale de Coupe de France contre Grenoble chez eux. Je veux pouvoir apporter un peu de fraîcheur au groupe, à défaut d’être au niveau que je souhaite. Même si j’ai fait le choix de m’écarter du groupe jusqu’à Noël, ce n’est pas pour autant que je ne les ai pas suivis. Concernant l’équipe de Caen c’est décevant car nous ne sommes pas à notre place (6e). Depuis notre montée il y a 3 ans, nous avons du mal à construire une équipe qui puisse performer à la hauteur de nos qualités individuelles. Pourtant en dehors du terrain, on vit très bien tous ensembles et c’est d’autant plus frustrant.

 

« Valentin est individuellement très complet et réussit un très bon début de saison. »

 

Après il n’y a pas que du noir et c’est maintenant que la vraie saison commence avec la Coupe de France et les playoffs.  Il y a aussi des bonnes surprises comme Valentin (Gonzales). Sur le match de ma blessure il marque et depuis il est vraiment performant. Individuellement il est très complet et réussit un très bon début de saison pour un si jeune joueur (2000). Si je devais me comparer à lui je dirais qu’il a bien plus de qualité que moi au même âge. J’espère tout de même l’aider à passer des caps notamment dans ses choix et l’impact qu’il doit avoir sur ses partenaires de ligne. C’est un super garçon qui est très apprécié de l’équipe et qui joue déjà un rôle majeur dans ses performances.

© Marco Guariglia

 

Ça va faire du bien de retrouver le groupe. Même si je ne me mets pas de pression, je me retrouve quand même avec une échéance qui est le stage EDF à Caen, début avril. Ne serait-ce que sur un plan personnel, l’appel de Geoffroy Tijou, puis les retours positifs de mes coéquipiers m’ont fait beaucoup de bien. L’objectif est clairement de faire partie de l’aventure Roller Games. Ce sera la suite de notre titre en 2017. Je veux vraiment en être et je refuse d’être simple spectateur. L’an dernier devait être une année de transition, et finalement l’équipe s’en est très bien sortie. L’expérience acquise et la concurrence qui se mettent en place, devraient permettre à l’équipe d’être encore meilleure cette année.

Enormément de choses à vivre jusqu’à mi-juillet puis on fera les comptes !